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La Trinité-sur-Mer, jeudi 2 septembre - Les huit équipages de champions du quinzième Trophée Clairefontaine sont désormais à pied d’œuvre dans le port trinitain et le stade nautique est prêt à accueillir la bataille navale qui se prépare. En effet, outre la rivalité sportive naturelle affichée par les huit champions invités en raison de la qualité de leur palmarès, leurs tacticiens et équipiers ont également quelques motifs d’en découdre, à la loyale certes, mais d’en découdre quand même !
Depuis l’origine du Trophée Clairefontaine, les RUNS sont les régates qui différencient principalement cette compétition de tout ce qui existe sur la planète voile internationale. Ce sont des matchs intenses d’une douzaine de minutes sur un parcours triangulaire, avec un départ au vent portant et une première bouée située à 150 mètres environ du départ. Avec un virage à angle fermé - guère plus de 70 degrés ! – cette première marque de parcours cause un embouteillage qui donne un peu d’occupation aux arbitres. Dans ces conditions, c’est-à-dire après deux ou trois empannages (virements de bord vent arrière avec le spi qu’il faut changer de côté) et des priorités délicates à respecter dans cette cohue, chacun navigue à l’instinct. Pas le temps de discuter stratégie avec son tacticien. Impossible de philosopher sur le réglage de la grand-voile, principal moteur du catamaran surpuissant, qui peut très bien vous envoyer au tapis en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, comme Ellen MacArthur, l’an passé, dans tout juste dix nœuds de vent.
Pour résoudre ce problème, chaque champion - seul autorisé à barrer à bord pour que le public identifie bien le pilote-star - a trouvé une parade. Confier l’écoute de grand voile, c’est-à-dire à la fois l’accélérateur et le volet de stabilité (ou d’instabilité) du navire à un autre barreur. Et le meilleur barreur à embaucher pour ce jeu est forcément un barreur de cata. Un barreur de Tornado, le catamaran olympique. Ce qui permet d’insister sur le concept même du Trophée Clairefontaine qui brasse toutes les disciplines de la voile, sans distinction.
Cette année, huit barreurs de Tornado sont à l’accélérateur et non des moindres ! L’australien Mitch Booth, médaillé d’argent et de bronze en Tornado est avec l’Américain John Lovell ; Yves Loday, médaillé d’or, est avec Olivier Backes ; Yann Guichard, sélectionné pressenti pour Athènes avant qu’Olivier Backes ne se qualifie, est avec Loïck Peyron ; Pierre Pennec, quatrième aux J.O. de Sydney est avec Charles Caudrelier ; Jean-Christophe Mourniac navigue avec Karine Fauconnier ; Michel Desjoyeaux fait toujours confiance à Franck Citeau ; Daniel Souben, tacticien trois fois vainqueur du Trophée Clairefontaine avec des champions différents, est aux côtés de Franck Cammas ; Billie Besson équipe Francis Joyon.
Dans ces conditions, comprenez pourquoi les étraves vont fumer sur le stade nautique dès demain après-midi pour le Warm-up Rhodia : huit manches d’entraînement bouclées en tout juste deux heures, dans des conditions atmosphériques (vent médium et grand soleil annoncés) qui devraient permettre à chacun de s’en donner à cœur joie. Messieurs les arbitres, vous êtes prévenus : la sympathique bataille navale des champions va éclabousser !
Contact média : Fabienne Morin (Agence Effets Mer) - 06 87 25 83 15 < Retour
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